Danse des Rameaux, danse dans nos églises? (10/04/2022)

EA045ECF-AD73-4BCF-8482-B90DCD33FD95.jpegLe temps des Rameaux, c’est le temps de l’année, m’étais-je laissé dire quand les paysans étaient encore nombreux dans nos campagnes. Désormais, ils ne sont plus qu’une poignée. Comme les chrétiens dans les églises, me dis-je. Ceci explique-t-il cela?

Il y a 2000 ans, chacun savait la dureté du labeur campagnard, la précarité du pain quotidien, les ravages des sauterelles et autres fléaux du ciel. « Donne-nous notre pain de ce jour » avait une autre résonance dans un monde alors sans assurances.

Au fait, Jésus a-t-il dansé lorsque la moisson était abondante? A-t-on dansé autour de lui, quand il est monté à Jérusalem acclamé par une foule en liesse?

Ces questions me sont venues à l’esprit jeudi soir, au Cénacle, où deux expertes donnaient une conférence sur la danse, dans le cadre  de la série L’art et le sacré proposée par l’Eglise catholique de Genève, en marge de la construction de la première Maison d’Eglise. La Maison d’Eglise de Genève prendra place dans les ruines du Sacré Coeur, un édifice emblématique du quartier des arts de la musique, du théâtre et du cinéma, dont la reconstruction vient de démarrer.

M’est revenu aussi en mémoire « Les 36 preuves de l’existence du Diable » , un petit ouvrage où André Frossard, alors correspondant du Figaro au Vatican, fait dialoguer le diable et le bon dieu dans un échange épistolaire un brin surréaliste. Un exemple: le diable écrit à Dieu que lui, le Malin, ne comprend rien à la créature divine - nous donc - qui s’extasie devant les beautés de la nature ou l’image d’un ours blanc sur la banquise. Lui, le Diable, voit la réalité des choses: une bouillie d’ondes et d’atomes. Les couleurs ne sont qu’une illusion, la vérité est que la lumière est ondulatoire et corpusculaire comme l’ont découvert les savants atomistes, sans couleurs ni chatoiements?

Je reviens à la danse, bannie de nos églises, contrairement aux arts picturaux, aux chants de gloire, de pénitence et d’espérance, aux orgues bruyantes et aux concerts de musique essentiellement classique, comme ceux que nous propose à Compesières le festival des Musicales. Le concert d’hier soir était excellent. Cet après-midi à 17h, Bach et sa passion selon St Jean sont au programme. 

Le diable a surgi tout à la fin de la conférence de Nicole Haring et Dora Kiss. La dernière danse à laquelle la petite quarantaine d’auditeur était conviée était emmenée par le groupe Les Witches. En bon français les sorcières. Un clin d’œil du diable ou du bon dieu?

La danse n’est pas en odeur de sainteté dans notre église. Pourtant quand Jésus est monté à Jérusalem acclamé par la foule qui brandissait des palmes et des rameaux d’Olivier, n’y avait-il pas des danseurs et des danseuses. 

Les deux conférencières ont survolé un sujet complexe et sulfureux. La danse, c’est la séduction, la rivalité, le combat parfois: voyez les danses des animaux. Le ballet classique ont expliqué les deux experts étaient enseigné par les Jésuites aux jeunes hommes de la bonne société qui devaient briller (mon correcteur me propose vriller) sur les parquets comme sur les champs de bataille. On n’est pas loin du coq qui chapeaute nos clochés.

Pourtant la danse fait un timide retour dans les églises, la danse sacrée - un terme difficile à comprendre. Nicole Haring accompagne des tables de la parole et invite les participants à mettre les mots en mouvement. 

Dans notre église de Compesières qui se meurt, n’est-il pas temps d’insuffler un peu de rythmes, des rondes et des pas de danse? Qu’en pensez-vous? 2022 est un anniversaire à Compesières, celui de l’orgue qui a été inauguré le 19 novembre 1922. Qui aurait envie de relever le défi et d’emmener notre église dans la danse? (JFM)

 

Les participants à la conférence ont aussi été invités à écrire en deux ou trois mots ce qu’évoque pour eux la danse. Voilà leurs réponses (cliquez sur les images pour les agrandir). 

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