Amitiés oecuméniques (22/01/2023)

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Une célébration comme on voudrait en vivre plus souvent. Le culte oecuménique présidé ce dimanche 22 janvier par le pasteur protestant de la paroisse Troinex Veyrier, Blaise Menu, a laissé, je crois, à la petite centaine de participants comme un avant-goût de paradis. Une célébration toute en douceur, pleine de tact et de délicatesse, une célébration de la Semaine de prière pour cette unité des chrétiens qu'on a pu presque saisir du bout des lèvres, du bout des doigts. Un moment de communion rare. 

On dira donc merci à Blaise Menu*, dont l'art est de déceler le souffle de Dieu là où on ne l'attend pas. Il a su entrer en résonance avec Elie Maomou, prêtre administrateur de l'Unité pastorale catholique de Carouge, Veyrier, Troinex, Compesières et Acacias, et Gossan Aljanian, prêtre de l’Eglise arménienne Saint Hagop à Troinex, ainsi qu'avec Isabelle Hirt qu'il a heureusement appelée à la table de communion. 

Un moment privilégié qui ne renverse évidemment pas tous les obstacles. Ainsi, dans le temple de Troinex ce matin, chacun avait pris place dans son camp. A l'heure de l'apériculte, comme dit Blaise Menu, chacun a plutôt conversé avec les siens. Comme dans les meilleures familles,. Comme entre amis et parents, où  - souvent, n'en déplaisent aux égalitaristes - les femmes papotent entre elles alors que les hommes refont le monde entre eux.

Tout sourire, l'abbé Elie Maomou était sans doute le plus heureux des hommes en cet instant. Il a trouvé à Genève, a-t-il dit, un nouveau et profond dialogue avec d'autres confessions, lui qui est né dans une famille protestante. 

Il sera long encore le temps des actions communes, où se forgent les amitiés et les histoires qu'on se raconte, quand, au détour d'une rencontre fortuite ou des hasards de la vie, on revoit quelques connaissances perdues de vue. Mais ces actions communes existent et sont sans doute trop peu connues des paroissiens: le Centre oecuménique de catéchèse, l'AGORA, Aumônerie auprès des requérants et des réfugiés, l'Atelier oecuménique de théologie, l'Aumonerie des hôpitaux. l'Aumônerie des prisons.

Les traditions ont la vie dure. Elles ont aussi leur valeur. Il serait sans doute faux de standardiser nos célébrations. Le petit choeur arménien était ce matin cette houle mélodique, venue du fond des âges,  

Et puis, il y a ces sujets qui fâchent, la vierge Marie, le culte des saints, le pape, la présence réelle, les "bonnes oeuvres". Sur ce dernier point,  chacun a mis de l'eau dans son vin. Plus personne ne prétend qu'on peut acheter son paradis. Tous affirment que le service des pauvres, des veuves, des prisonniers, des écopés est une obligation gratuite.

Sur la présence réelle, la question est trop savante pour qu'on s'y arrête. Ce matin, les mots du pasteur n'était pas différents de ceux du prêtre. Et si le pain n'était pas sans levain et le vin à choix avec ou sans alcool, chacun a communié volontiers. Avec en prime un regard du pasteur, chargé d'amitié.

Le Pape François est peut-être le plus protestant des papes. On le lui reproche d'ailleurs ici et là. Le jésuite de Buenos Aires a lancé un vaste questionnement au sein de son église: un synode sur la synodalité, en clair une invitation aux laïcs de prendre leur place. Vaste défi aussi ambitieux que l'unité des chrétiens. François a invité cette semaine Frère Aloïs de Taizé à participer à une étape du synode. Ce sera le 30 septembre prochain.

L'occasion d'organiser dans notre région Salève une nouvelle célébration oecuménique le samedi 30 septembre ou le dimanche 1er octobre prochain? 

En 2024, ce sera autour des catholiques d'organiser la célébration œcuménique. 

En attendant, lisons et relisons Esaï 1, 17  "Apprenez à faire le bien, recherchez la justice..." et les quelques versets qui précèdent.

Dernière annonce, la venue de la théologienne Anne Soupa le 14 mars à l'invitation de Balise Menu. La théologienne catholique avait défrayé la chronique en posant sa candidature pour devenir archevêque de Lyon. Anne Soupa avait été l'invitée des Communautés de base en octobre 2022

 

* Blaise Menu vient de publier chez Labor et Fides "Ce qui reste de Dieu", une réflexion (ardue) qui offre quelques sentiers escarpés pour retrouver le "Très-Bas" selon le terme de Christian Bobin.  

 

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