Notre évêque à Sainte-Croix puis à Compesières (06/02/2026)
Ce dimanche 8 février à 11h, l'évêque de Lausanne, Genève et Fribourg célébrera une messe inaugurale d'action de grâce en l'église Sainte Croix à Carouge qui s'est refait une beauté durant deux ans. La manifestation est ouverte à tous. Un apéritif suivra la cérémonie.
Dans huit mois, le 18 octobre exactement, Charles Morerod sera à Compesières dans le cadre d'une messe inaugurale du nouvel orgue actuellement en construction dans notre église Saint-Sylvestre.
Dans le jargon de l'Eglise, l’action de grâce est la manière de dire tout simplement merci. Selon le glossaire de l’Église catholique en France, « une attitude de reconnaissance envers Dieu » : l’homme « comblé de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans le Christ » reconnaît de quel amour il est aimé de Dieu et l’en remercie. L’expression française « action de grâce » traduit le mot grec εὐχαριστία / eucharistía dans le Nouveau Testament et dans la Septante (traduction grecque de l’Ancien Testament). Bref, messe, eucharistie, action de grâce, merci, c'est la même chose. Sur ce merci, on lira avec profit cette chronique d'Anne Lécu publiée dans le magazine La Vie.
Sans doute ces chantiers ont-ils été nécessaires pour la pérennité de nos églises. Cependant, quel message porte notre évêque avec ce double déplacement?
Sanctifier une église, un orgue, n'est-ce pas perpétuer un ordre ancien, signifier que Dieu est enfermé dans son arche, aujourd'hui dans nos tabernacles, protégé par un clergé discipliné? Si Dieu s'est fait humain, il y a 2000 ans, n'est-ce pas pour être tous les jours avec chacun d'entre nous, vivant dans nos coeurs, surtout les plus faibles, les moins bien portants, les plus handicapés?
Le temps du Carême approche, le bon peuple de Dieu avalara-t-il sa soupe en silence, sans commentaire ni question?
A Compesières, la soupe de Carême vous attend dimanche 22 février juste après la messe de 9h30. Venez joyeux avec vos services et un dessert maison.
9h30, ce sera désormais l'heure des messes dominicales à Compesières et à Veyrier, histoire de laisser le temps à l'officiant si nécessaire de descendre à Carouge pour dire la messe de 11h. Ainsi va l'église romaine ici, en Europe, où faute de prêtres, on bricole les horaires, quand on ne ferme pas des lieux de culte.
Pas encore de fermeture à Compesières. Un nouveau prêtre est annoncé. Ce sera un homme âgé. La communication officielle de son nom sera faite le 22 février. Il célèbrera sa première messe à Compesières le 28 mars, fête des Rameaux, à 9h30. Dès avril, le rythme habituel des offices reprendra à Compesières tous les 2e et 4e dimanche ordinaires et à Veyrier tous les 1er, 3e et 5e dimanche.
90 ans de l'abbé Joye le 28 février
Le samedi 28 février à 18h à Troinex, la messe sera concélébrée par le père Gilbert Joye. Après la messe, la paroisse de Troinex offrira un apéro pour célébrer son 90ème anniversaire. Merci de diffuser largement l’information à celles et ceux qui souhaiteraient être présents.
Metin Arditi à Plan-les-Ouates le 19 mars
La conférence de Carême œcuménique aura lieu jeudi 19 mars à 20h au temple de Plan-Les-Ouates. L'écrivain Metin Arditi abordera le thème « rencontrer Jésus », discussions et échanges autour de son livre « le bâtard de Nazareth » (Grasset, 2023) Ouvert à tous et à toutes. Entrée libre.
D'ici-là je vous propose de lire et de méditer l'homélie d'un habitant de Croix-de-Rozon, l'abbé Xavier Lingg. Le dernier prêtre résident à Compesières m'a envoyé le sermon qu'il a prononcé en allemand le 2 février à Saint-Boniface. Il vaut aussi pour ce dimanche 8 février, car il y est question de la Lumière du monde.
Mes chères sœurs et mes frères,
Quand Jésus, âgé de 40 jours, fut, selon la Loi juive, présenté au Temple de Jérusalem, le vieillard Syméon prophétisa : « Cet enfant sera un signe de division. Il provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël ». Et il exprime le motif de cette division : « Il est le salut que Dieu prépare pour tous les peuples, la lumière qui le révèle aux nations païennes ». Ce qui créé la division et la chute de beaucoup, c’est l’ouverture aux nations païennes. Pourtant, c’est la gloire du peuple d’Israël, d’être une Lumière pour le monde entier, pour l’humanité entière, comme Dieu l’avait annoncé à Abraham au jour de sa vocation : « En toi seront bénies toutes les nations de la terre ». Mais d’aucuns craignent pour leur identité. Jésus, lui, vient réaliser cette vocation du peuple de Dieu. En effet, peu de jours après sa Présentation au Temple, des savants païens, des astrologues venus d’Orient en suivant une lumière mystérieuse, une étoile, le découvriront à Bethléem et lui rendront hommage. Sans doute qu’ils ne se contenteront pas de s’incliner devant lui. Comme toute jeune maman, Marie sera heureuse de leur laisser toucher son enfant, le cajoler, le prendre dans leurs bras et serrer contre leur cœur. A son contact, ils reconnaissent en cet enfant la lumière des hommes qui brille dans les ténèbres, la lumière qui éclaire tout homme venant dans le monde. A son contact, ils sont devenus des hommes nouveaux rentrant chez eux par de nouveaux chemins pour rendre témoignage à la Lumière.
Suite à cette rencontre avec des étrangers, les siens ne l’ayant pas reçu, il devra fuir à son tour à l’étranger. Il trouvera accueil en Egypte. A tous ceux qui le reçoivent, il donne de pouvoir devenir enfants de Dieu. Et là, il grandira, sans doute au milieu d’autres enfants de son âge. Il jouera avec eux, s’instruira avec eux, mettra sa chair divine au contact de peaux incirconcises. Ce qui est un scandale pour un juif fidèle à la Loi. En effet, comme le dira plus tard Pierre au Centurion Corneille, un juif n’est pas autorisé à fréquenter un étranger ni à entrer en contact ace lui. C’est là, sans doute, mes chères sœurs et mes frères, le péché du peuple de la première Alliance. Il a été choisi par Dieu, élu, éduqué au désert et enseigné par les prophètes pour être une Lumière pour l’humanité entière, pour éclairer ceux qui gisent dans les ténèbres afin que soient bénies toutes les nations de la terre, comme le prophète Isaïe le lui a rappelé : Je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre ». Or ce peuple a caché sa lumière sous le boisseau. Considérant son élection comme un privilège, et non pas comme une mission, se croyant seul choyé par Dieu, il a conservé les dons de Dieu à usage interne, comme sa propriété exclusive.
Quand Jésus commencera sa vie publique, il vint s’établir à Capharnaüm, dans cette Galilée, carrefour des nations païennes pour signifier d’emblée qu’il n’est pas venu que pour les juifs, mais afin que les peuples habitant dans les ténèbres voient se lever sa Lumière. Ainsi il ne craindra pas de se rendre sur l’autre rive, pour partager le pain avec une grande foule de gens venus de toute cette région païenne appelée la Décapole. Il franchira une autre frontière, pour se rendre au Liban, à Tyr où il rencontrera une humble femme, qui se contenterait de ramasser comme un petit chien les miettes qui tombent de sa table, et celle-là, cette païenne, il la comblera, il la rassasiera du pain des enfants, en libérant sa fille d’un affreux démon. Il manifeste ainsi l’amour universel de Dieu. Dieu n’est pas le Dieu d’un peuple, ni d’une religion, ni d’une Eglise : il est le Dieu de l’univers et tout être humain, pour lui, est précieux, unique, digne de son Amour infini. Voilà pourquoi, à l’heure de passer de ce monde à son Père, Jésus confiera à ses disciples la mission : « Allez dans le monde entier, proclamez la Bonne nouvelle à toute la création ».
Oui, mes chères sœurs et mes frères, aujourd’hui encore, le Seigneur nous dit à nous, chrétiens : « Vous êtes la lumière du monde ». Cette lumière doit rayonner, éclairer ceux qui cherchent, ceux qui avancent à tâtons dans l’obscurité, dans leurs doutes, leurs illusions, leurs espérances. Elle est un don de Dieu, un don qui n’est pas fait pour que nous le gardions pour nous, nous l’avons reçu pour le partager, le partager avec ceux qui en ont besoin, avec ceux qui ont faim… le partager pas seulement avec ceux qui sont en bonne santé, mais avec tous ceux qui ont besoin d’être sauvés. Comme pour le peuple de la première Alliance, ne serait-ce pas la sournoise tentation qui guette encore l’Eglise d’aujourd’hui, de se réserver les meilleurs dons de Dieu à l’usage interne, pour les seuls initiés, comme si c’était sa propriété. J’ai entendu, dans une illustre cathédrale, un prêtre, au moment de la communion, déclarer[XL1] : « Ceux qui ne communient pas parce qu’ils ne sont pas catholiques, peuvent s’approcher d’un prêtre pour recevoir une bénédiction ». Drôle de consolation pour quelqu’un qui cherche à rencontrer Jésus Christ, qui voudrait le recevoir pour vivre de sa vie ! Pourtant à Capharnaüm, Jésus avait dit à la foule qui était à sa recherche : « Tous ceux qui viennent à moi, je ne vais pas les jeter dehors. Le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée la vie du monde (et non pas d’un peuple élu). Quiconque me mangera, vivra par moi ». Et à la dernière Cène, sur la coupe de l’Alliance nouvelle, il avait précisé que son sang sera versé « pour vous et pour la multitude ». Alors, mes chères sœurs et mes frères, ouvrons notre cœur à cette multitude, n’enfermons pas les dons de Dieu dans un coffre-fort, ne mettons pas notre lumière sous le boisseau : que notre lumière brille afin que la multitude en soit éclairée et puisse rendre gloire à notre Père qui est dans les cieux.
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