Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Rechercher : Xavier Lingg

  • Xavier Lingg: une Eglise humble

    Imprimer

    IMG_2473.jpeg

    C’est Xavier Lingg qui dira la messe ce samedi à 18h à Troinex et dimanche à 10h à Veyrier. Musicales obligent, Compesières renonce à la liturgie divine pour faire place à la musique, Beethoven à 20h samedi et l’Ensemble Alkymia dimanche à 17h.

    Le programme signale que le concert du dimanche après-midi sera accompagné par un positif (un petit orgue) installé dans le choeur. Il ne dit pas si cet instrument sera celui qui restera à demeure, le temps de déconstruire et de reconstruire l’orgue de Compesières. 

    Dans son homélie (qu’on peut lire ci-après), Xavier Lingg ne commente pas ces grands travaux. Il dit seulement combien les mea culpa actuels de l’Eglise de François (lire l’article précédent) l’impressionnent et combien cette humble attitude, loin des honneurs et du bling bling, est proche de Jésus, Christ qui montre et trace le chemin du serviteur. 

    Homélie pour le 28ème dimanche B

    Mes chères sœurs et mes frères,

    (pour télécharger le texte de l’homélie cliquez ici)

    Voici que se tient à Rome la deuxième session du Synode pour une Eglise ouverte à tous, dans un monde blessé. A la veille de l’ouverture de cette session, a eu lieu en la basilique St.-Pierre du Vatican une veillée pénitentielle à laquelle nous avons pu nous associer par la télévision. C’était une veillée émouvante, dans laquelle trois témoignages ont été exprimés par des personnes ayant souffert d’abus, de la guerre, et de l’indifférence face aux drames engendrés par les migrations. Suite à ces témoignages, j’ai été ému par l’humilité de ces cardinaux qui sont montés au micro pour confesser humblement les péchés qui entachent la vie de l’Eglise : « Je demande pardon et j’ai honte » disaient-ils, honte des péchés contre la paix, des péchés contre la Création, contre les peuples indigènes, contre les migrants, contre les femmes, pardon pour les péchés d’abus, pas seulement d’abus sexuels, mais abus de pouvoir, d’autoritarisme, de cléricalisme.

    En entendant ces confessions, j’ai compris comme viscéralement ce que l’auteur de l’épitre aux Hébreux nous a dit dans la 2ème lecture de ce dimanche : « Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ! Elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit ! Elle juge des intentions et des pensées du cœur ! Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est à nu devant elle. Soumis à son regard, nous aurons à lui rendre des comptes ».

    Puis le pape a pris la parole dans un vibrant appel à l’humilité, dénonçant la « course aux honneurs, aux prérogatives ». Un ministère dans l’Eglise n’est pas un privilège, mais un service à l’exemple du Christ qui n’est pas venu pour être servi, mais pour servir jusqu’à donner sa vie. Et il a cité la parabole du pharisien et du publicain. Dans sa prière, le pharisien se glorifie lui-même, au lieu de louer le Seigneur. Il se situe au-dessus des autres hommes, s’estime meilleur qu’eux. Alors que l’humble pécheur n’ose même pas lever les yeux vers le ciel. Et c’est celui-là est justifié.

    Il aurait aussi pu prendre l’exemple de cet homme riche, empêtré dans ses richesses qui vient demander comme une assurance sur la vie éternelle qu’il considère comme un héritage. C’est un peu comme s’il demandait : « Que dois-je faire pour que Dieu me soit redevable parce que j’ai observé tous les commandements depuis ma jeunesse ».

    Or, plutôt que de lui proposer d’accumuler des mérites, (ce qui correspondrait encore à une mentalité de riche) Jésus lui demande de se désencombrer, se débarrasser de ses ambitions pour non seulement le suivre, mais l’imiter, lui, le Christ, engagé sur le chemin du Serviteur. Lui qui, de riche qu’il était, a renoncé à sa condition divine, lui qui s’est dépouillé, anéanti, comme vidé de sa substance divine en prenant notre condition humaine. Et une fois devenu homme, il s’est encore abaissé davantage, devenant comme un esclave qu’on vend pour quelques pièces d’argent, qu’on livre a la mort. et qui donne sa vie en rançon. Alors, mes chères sœurs et mes frères, être disciple d’un tel Maître, ce n’est pas compatible avec les honneurs et les privilèges.

    Et pourtant, Jésus ne juge pas. Il ne condamne pas cet homme qui n’a pas le courage d’aller jusqu’au bout. Au contraire, Jésus posa sur lui son regard et il l’aima. C’est un regard qui accueille l’homme tel qu’il est… et il lui fait connaître ce qui lui manque. Pauvre riche qui découvre tout à coup qu’il est en état de « manque » ! Cette fois, la parole l’a touché « aux jointures et jusqu’aux moelles ». Il est mis à nu devant elle, dominé par son regard. Il craque !... et s’en va tout triste.

    Puis vient un deuxième regard de Jésus. Il le promène tout autour de lui sur la foule qui l’entoure, sur les témoins de la scène qui sont peut-être prêts à juger cet homme qui s’éloigne dépité. Ce regard circulaire ne traverse-t-il pas l’espace et les siècles ? Quel regard, Jésus jetterait-il sur notre monde d’aujourd’hui ? Son regard nous dit que les richesses ne sont pas neutres ! Elles offrent la possibilité d’une ouverture, d’une générosité, d’un partage avec les autres. Elles peuvent aussi devenir une idole, une idole qui enferme l’homme sur lui-même, loin de Dieu et loin des autres.

    Son troisième regard, Jésus le pose ensuite sur ses disciples. Eux aussi sont encore pris dans ce marchandage : « Nous avons tout quitté »... et ils sentent que ce serait indécent de finir la phrase qui leur brûle les lèvres : « qu’est-ce que nous aurons en retour ? » Et Jésus leur dit « cessez de calculer ainsi : bien sûr, déjà sur la terre votre rayonnement dépassera infiniment ce qu’il serait si vous restiez tranquillement dans votre maison et votre cadre familial... » Vous aurez tout cela et même les persécutions ne vous manqueront pas ! Mais votre trésor, il est là-Haut ! dans le ciel : Votre trésor, c’est l’intimité avec Dieu... votre trésor, c’est de pouvoir cheminer librement, sans entrave, désencombrés, à la suite de Jésus sur le chemin du service... votre trésor, c’est de vous savoir aimés de Dieu... votre trésor, c’est de sentir son regard d’amour se poser sur vous. Et devant un tel trésor, tous les autres ne comptent plus !

    IMG_5889.jpegAlors, mes chères sœurs et mes frères, là s’ouvre pour nous une merveilleuse espérance. Rien n’est jamais perdu. Nous avons commencé notre réflexion en évoquant le Synode qui se tient actuellement à Rome. Portons cette assemblée dans notre prière, afin qu’elle ouvre pour l’Eglise des horizons nouveaux. Et l’année prochaine, 2025, sera une année jubilaire, une « année sainte » placée sous le signe de l’Espérance, espérance d’un renouveau pour toute l’Eglise, espérance aussi pour toute l’humanité qu’un nouvel ordre mondial soit possible. Prions, mes chers amis, prions que cette espérance ne déçoive pas !

    Xavier Lingg

     

     

  • Xavier Lingg à Compesières ce dimanche

    Imprimer

    IMG_1834.jpeg

    Xavier Lingg célébrera la messe de ce dimanche à 10h à Compesières. Ce prêtre, bon prêcheur, fut le dernier abbé résident dans la cure de Compesières, avant que celle-ci soit rénovée et devienne la Mairie de Bardonnex. Les paroissiens de Compesières et amis de notre église seront sans doute heureux de le revoir. 

    Ce dimanche, notre église accueillera aussi la petite troupe des scouts de la paroisse de Sainte-Croix à Carouge. Ils ont choisi Compesières comme but de leur sortie de janvier. 

     

    L’abbé Xavier Lingg a été curé dans plusieurs paroisses dans le canton de Genève, notamment à la basilique Notre-Dame. Il a été directeur spirituel interdiocésain d’été de la Suisse romande à Lourdes, animateur de nombreux pèlerinages en Terre sainte et chroniqueur «Liturgie» à l’Echo Magazine. Le 20 septembre 2020 (photo), il a fêté ses 50 ans de sacerdoce à Compesières.

    Xavier Lingg habite La Croix-de-Rozon. S'il est moins présent, c'est qu'il est engagé à Saint-Boniface (communauté catholique de langue allemande) où il célèbre la messe tous les premiers et troisièmes dimanches en principe. Nous espérons le recevoir à Compesières plus souvent cette année.  

    En tapant Xavier Lingg sur un moteur de recherche, je suis retombé sur quelques-unes de ses réflexions publiées sur le site de la Revue Choisir, la revue des Jésuites de Suisse qui a malheureusement cessé de paraître à la fin de l'année dernière.

    Quant aux scouts de Sainte-Croix, la meute, placée sous l'autorité de Ruben Pinhal, fait partie de la troupe Saint Jean Bosco, qui fait elle même partie des Guides et Scouts d'Europe. 

    • FÊTES ET ANNONCES 
       
      Samedi 28 janvier, à Troinex, messe des familles à 18h00 
    • Dimanche 29 janvier, à Compesières, messe à 10h00, Quête en faveur de la paroisse. En raison du repas des aînés, il n'y aura pas d'apéritif à la fin de la messe. 
    • Lundi 30 à 18h15, Conseil de paroisse, ordre du jour et documents ici.
    • Prochaine messe à Compesières, le 12 février. 
    • Ne pas oublier le feuillet janvier-février « Infos paroissiales » à disposition à l’entrée de l’église
    • Concert à l’église de Veyrier le 4 février à 19h, Ensemble LEVEDY - Concert Voix et Harpe
    • Messe des cendres le 22 février à l’église de Veyrier à 19h
    • Messe du 26 février à Compesières. Messe des peuples avec la participation de la chorale de Compesières Salève.
    • Messe du 12 mars à Compesières. Réservez cette date. On sera de tout coeur avec les footballeurs. 
    • Toutes les infos et manifestations de l'Eglise catholique de Genève 
        

    A noter

    L'Eglise protestante de Genève a mis à jour son site internet. Qu'en pensez-vous? 

  • Xavier, prêtre et pèlerin

    Imprimer

    IMG_5914.jpeg

    Ce dimanche 17 mars sera un jour de fête à Compesières. A l'occasion de ses 90 ans, Xavier Lingg concélébrera la messe de 10h avec Jean-Marc Lacreuze. Tous les paroissiens de Compesières Troinex et Veyrier et des amis et proches d'ailleurs seront heureux de trinquer à sa santé à l'issue de la cérémonie. D'ores et déjà merci de votre présence. 

    Dans un cinquième et dernier chapitre, nous abordons très rapidement quelques autres versants de la vie de Xavier notamment celle de pèlerin.

    Depuis son arrivée à la cure de Compesières, puis à la Croix-de-Rozon, le monde est entré dans le troisième millénaire, marqué par une nouvelle montée des passions, celle cette fois des idéologues religieux. On les trouve dans l'islam, dans l'hindouisme, dans le judaïsme, dans le bouddisme même et chez les chrétiens aussi. D'autres plaintes légitimes montent des peuples issues de population qui ont longtemps trop longtemps subi le joug, l'emprise des dominants. Autant de remises en question du monde d'avant auxquelles s'ajoutent la propagation de fausses informations, des peurs nouvelles, le réchauffement du climat, la puissance sans précédent de la technique...

    IMG_5906.jpeg

    Célébrations du premier pardon 

    Xavier Lingg a préparé des centaines d’enfants à la première communion. Il est encore actif à Troinex où il aime célébrer plusieurs fois par année la messe du caté. A la grande joie de Laurence Faulkner Sciboz qui apprécie l’art de celui qui pourrait être leur arrière-grand-père de se mettre à la portée des enfants. Dans un article publié en 2016 dans  la revue Choisir, il ne cache pas les questions qui dérangent: “En tant que vieux prêtre à la retraite, il m’arrive d’être invité à des célébrations du premier pardon. Elles me laissent de plus en plus perplexe. Comment ces enfants sont-ils préparés ? Essaye-t-on de leur donner un tant soit peu le « sens du péché » ?”

    “Je me suis trouvé, témoigne-t-il devant un panneau où les enfants avaient inscrit des exemples de péchés. Le premier mot était “taper”. Je ne me souviens pas des autres, mais il devait y avoir “dire des vilains mots”, etc. Est-ce que ce sont vraiment des péchés ? Un péché, c’est une rupture avec Dieu. Or pas une seule fois il n’a été question de leur relation avec Dieu. « Est-ce que tu aimes le Seigneur ? Est-ce que de temps en temps tu lui parles ? Quand et comment fais-tu ta prière ? » Ce genre de questions figure parmi les abonnés absents ! Pourtant elles sont essentielles. Il s’agit bien d’un Sacrement que ces enfants sont censés célébrer.”

    Lingg salle st Sylvestre.jpeg

    Prier les psaumes en chrétien

    Chroniqueur “Liturgie à ”L’Echo” (hebdomadaire des paroisses romandes aujourd’hui disparu, à ne pas confondre avec Echo magazine), auteur d'innombrables feuillets paroissiaux et cahiers de catéchisme, Xavier Lingg sait la nécessité de s’exprimer de façon à être entendu. Dans un petit livre intitulé “Prier les psaumes en chrétien”, il écrit:  

    “Quand le psaume parle de Dieu, je préfère parler à Dieu, c’est ainsi que je prie, de personne à personne. Mieux encore, comme chrétien, baptisé en Jésus-Christ, j’ai le droit d’appeler Dieu: «Père», ce que le psalmiste n’osait pas. Lui, il «craint» Dieu, le chrétien le respecte et l’aime.”

    Il est l’auteur de deux autres petits ouvrages: “Père Abraham, raconte-moi la Genève”, Editions Saint-Augustin 2017, et  “Deux Chemin de Croix”, aux Éditions Croix du Salut, 2017. La Passion du Christ, ce n’est pas du passé, écrit-il, c’est aujourd’hui! Et de citer Blaise Pascal: “Jésus-christ est en agonie jusqu’à la fin du monde, il ne faut pas dormir pendant ce temps-là.””

    Des pèlerinages, le pape, l’avenir… 

    Des pèlerinages, j’en ai dirigé pas loin d’une cinquantaine en Terre Sainte. J’ai participé à un premier en 1970, avec ma maman et quelques amis. L’agence organisatrice nous a mis entre les mains d’un guide israélien qui ne connaissait pas grand-chose de la tradition chrétienne. Par la suite, engagé comme animateur par PBR (aujourd’hui ad gentes) nous ne nous sommes pas contentés de visiter de vieilles pierres, mais avons eu la constante préoccupation de rencontrer des « pierres vivantes », logeant dans des maisons religieuses à Jérusalem et rencontrant des communautés chrétiennes solides, ferventes, rayonnantes en Palestine. Une de ces communautés à laquelle je reste fortement attaché, c’est Taybeh, un village palestinien entièrement chrétien, l’Ephraïm de Jn 11,54, où Jésus, après la résurrection de Lazare, passa sa dernière retraite avant de monter à Jérusalem pour sa Passion.  

    IMG_5920.jpeg

    « Le fait d’aller sur les lieux de l’Évangile change la perception, on ne reçoit plus les textes comme avant, confiait-il l’an dernier en mai 2023 au Courrier pastoral de l’ECR. En Galilée, sur le lieu des noces de Cana, j’invitais les couples à renouveler leur promesse de mariage et je proposais une bénédiction, j’ose le dire aujourd’hui avec le pape François, aussi aux couples « irréguliers». 

    « Je m’inspire beaucoup du pape François, ajoutait-il. C’est rare que je prêche sans le citer. Ses paroles sont très accessibles. Avec ce pape, l’Église est dans un mouvement dynamique et j’espère qu’après François il n’y aura pas de retour en arrière ».  

    Et Lourdes?  « j’en avais l’image d’une piété un peu mièvre. C’est un paroissien de Veyrier qui m’a un peu forcé la main ». De fil en aiguille, il a été rapidement nommé aumônier pour les malades. « Ça a été une grâce. Au milieu des malades et des personnes en situation de handicap, j’ai vécu une sorte de choc extraordinaire ». Je suis devenu directeur du pèlerinage romand puis directeur spirituel. Savez-vous que 2024 marque le 100e anniversaire du pèlerinage interdiocésain de Suisse romande à Lourdes. 

    L’avenir?

    En 2010, Xavier Lingg signait un article dans Choisir sous le titre: “AD 2000, 10 ans déjà. Et après?” Qui se souvient, en 2024, d’Anno Domini 2000, une vaste opération d’introspection des catholiques de notre diocèse  lancée par Mgr Grab en 1997? En sont sortis à l’époque le Conseil pastoral diocésain et les Unités pastorales, des questions sur le diaconat, la confession collective, la place des divorcés et des femmes. Des questions lancinantes. Le Synode 2021-2024 lancé par François en octobre 2022 ouvrira-t-il de nouvelles perspectives cet automne? 

    En 1934, quand Xavier Lingg est né, le monde comptait à peine plus de deux milliards d’êtres humains. 90 ans plus tard, nous sommes plus de 8 milliards d’humains sur cette planète. Autant que d’étoiles dans le ciel? Pour mesurer plus concrètement cette croissance sans précédent dans l’histoire humaine, il suffit de comparer deux pays: un très riche, la Suisse, un très pauvre, le Sénégal. Le Sénégal a sextuplé sa population depuis son indépendance politique en 1960. Quelle serait la population de la Suisse aujourd’hui si elle avait connu une telle croissance démographique, sachant que notre pays hébergeait en 1960 5,2 millions d’habitants? Faites le calcul!

    Et nos paroisses, quel est leur avenir? “Je vous renvoie à la dernière lettre de notre évêque Charles Morerod: La foi déplace les montagnes”, répond prudemment notre abbé nonagénaire. 

    60 ans sacerdoce Lingg.jpeg