Le printemps à Compesières (03/01/2026)
La Suisse est sous le choc. Un drame s’est produit dans un bar dans la nuit de la Saint-Sylvestre, faisant quarante morts et blessant très gravement plus d’une centaine de jeunes.
Chaque décès est une histoire qui s’arrête ici-bas, mais qui se prolonge dans le cœur des proches. D’abord marquée par la douleur, elle laisse peu à peu revenir les souvenirs heureux, qui demeurent gravés dans les cœurs, à travers quelques images, des vidéos, des messages partagés. Pour les croyants, cette histoire se poursuit aussi auprès de Dieu, de son Fils Jésus Christ, qui a vaincu la mort et nous promet la vie éternelle, et de l’Esprit qui nous tient debout, actifs et solidaires ici-bas.
Cette même nuit de la Saint-Sylvestre, Jean-Marc Lacreuze s’en est allé rejoindre le Père, lui aussi. Discrètement, sans faire la une des journaux.
L’abbé Lacreuze était né le 17 avril 1951. À l’approche de ses 75 ans, une retraite paisible se dessinait, malgré les fragilités de l’âge qui, depuis quelque temps déjà, l’empêchaient de donner la communion à Compesières, tâche désormais assurée par des laïcs.
N'est ce pas à nous de prendre sa place aujourd'hui, comme dit la chanson? Au risque de n'être qu'une poignée, proposition est lancée de nous retrouver ce dimanche 4 janvier à 11h, à la salle paroissiale Saint-Sylvestre, pour un temps de souvenir.
Venez simplement. Transmettez l'invitation autour de vous. Ce sera l'occasion aussi de fêter les rois autour d'un verre et de consolider notre petite communauté à l'heure où pour quelque temps nous n'aurons plus qu'une messe par mois à 9h30 (voir info en pied de cette note).
On lira ci-dessous un hommage rédigé avec l’aide de l’IA, qui a collecté les rares informations trouvées sur Internet au sujet de cet homme, de ce prêtre pieux, modeste jusqu’à l’effacement. S’ajoutent des informations de Xavier Lingg, qui a vécu avec l’abbé Lacreuze au Lignon et à Notre-Dame. À Compesières, sa simplicité répandait la joie parmi les fidèles. Il y a certes des lacunes dans ce premier hommage. Chacun pourra le compléter dans le secret de son cœur.
Les obsèques de Jean-Marc Lacreuze seront célébrées vendredi après-midi à Carouge, en l'église Sainte-Croix qui vient de rouvrir après de longs travaux de rénovation.
Hommage à l’abbé Jean-Marc Lacreuze

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de l’abbé Jean-Marc Lacreuze, survenu dans la nuit du 31 décembre. Plusieurs messages reçus l’ont décrit d’une même voix : “au service du Seigneur jusqu’au bout”, “un grand homme”, “remarquable de vaillance et d’humilité”.
Extrait de Compesières Info du 12 septembre 2021: Je suis né aux Grangettes, a-t-il dit pour se présenter. Avant d'arriver dans le merveilleux cadre campagnard, Jean-Marc Lacreuze a passé par Notre-Dame-de-Genève, Saint-Joseph, Saint-François et enfin Le Lignon où il est resté 15 ans. Désormais à la retraite, il réduit son temps de travail de 50%. Et précise dans un clin d'oeil: "un prêtre à temps plein est occupé 180% d'une semaine de 40 heures. Maintenant je suis occupé à 90%."
Prêtre auxiliaire à 50 % de l’Unité pastorale Carouge – Salève – Acacias depuis septembre 2021, Jean-Marc avait déjà marqué de nombreuses communautés bien avant son arrivée à Compesières. À l’Unité pastorale des Boucles-du-Rhône, où il fut vicaire du curé Xavier Lingg. Puis vicaire encore à Notre-Dame, où il retrouva le curé Lingg. Puis prêtre à part entière à nouveau au Lignon. « Il a toujours refusé d’être curé, depuis le jour de son ordination », raconte Xavier Lingg, qui fut le dernier prêtre résident à Compesières et réside actuellement à la Croix-de-Rozon. Nommé au Lignon, Jean-Marc Lacreuze confia les responsabilités de curé à un théologien laïc, Jean-Daniel Robert. “Il a anticipé l’avenir de l’église”, remarque Xavier Lingg. pince sans rire.
Il aura donc achevé son ministère à Compesières, où il a laissé des marques empreintes d’attention à chacun : il associait les personnes sourdes à la prière en proposant des célébrations interprétées en langage des signes (LDS), veillait à ce que chacun trouve sa place dans les premières communions et partageait joyeusement les apéritifs fraternels après la messe — des moments simples mais précieux où les liens se tissaient autour de la communauté.
Un dimanche faste à Compesières
Jean-Marc aimait aussi être présent pour les événements plus larges de notre paroisse. Il a concélébré le sacrement des malades notamment qu'il appelait le sacrement de la tendresse, ainsi que des célébrations œcuméniques portées par la prière pour l’unité des chrétiens, reflétant son souci d’unité et de paix.
La paix confessionnelle, un domaine dont l’abbé Lacreuze était un spécialiste, rappelle Xavier Lingg. Il était l'auteur d'une thèse, au terme des ses études à l'université de Fribourg, favorable au rétablissement d’un évêque à Genève. On était alors à un moment de l’histoire où des catholiques d’ici et d'ailleurs voulaient rétablir l’évêché d'Adhémar Fabri, de Saint François de Sales dans la cité de Calvin, un relent de Kulturkampf sans lendemain.
La passion des trains
Genevois de souche, il était connu pour une passion peu connue qui surprenait parfois ceux qui ne le voyaient qu’à l’église : les trains, bus et transports publics. Il en connaissait par cœur les lignes et les horaires, et le lundi après-midi, il aimait faire tourner, avec un ami, un grand circuit de trains miniatures qu’ils avaient construits ensemble. Cette passion, héritée en partie de son grand-père et de son père tous deux liés à l’histoire des transports genevois, a donné lieu à des instants de complicité, de curiosité et de sourire autour de ce hobby contagieux. Il annonçait l’arrivée et le départ des trains comme un véritable chef de gare, se souvient l’abbé Lingg et ne supportait pas la moindre critique à l’égard de nos régies des transports publics.
Plusieurs d’entre vous se souviendront de sa joie simple lorsqu’il évoquait Compesières. Apprenant sa disparition, une paroissienne note: “Il m’avait dit juste avant Noël se réjouir du retour du printemps pour venir célébrer les messes à Compesières, un lieu qu’il appréciait tout particulièrement à la belle saison.”
Aujourd’hui, nous remercions Dieu pour ce serviteur humble et fidèle, qui a su, dans sa vie comme dans sa passion, relier les lignes — celles des chemins de fer, celles des routes de bus, et surtout celles des cœurs. Puisse le Seigneur qu’il a servi toute sa vie l’accueillir dans sa paix, et puisse notre petite communauté de Compesières et les communautés sœurs auxquelles elle est unie continuer à marcher avec reconnaissance sur les chemins qu’il a aidé à tracer.
|
||
|
||
|
||
|
||
|
||
|
||
|
13:24 | Lien permanent | Commentaires (0)


